REY
Louis Emmanuel


■ Les lettres du général Rey à sa femme
Les dix lettres à sa femme Florentine, du 25 juillet 1813 au 18 décembre 1813, nous donnent
un certain nombre d'informations. Le général Rey défend San Sebastian en Espagne, de façon
efficace contre les Anglais, Espagnols et Portugais. Il est cependant fait prisonnier le 10 septembre 1813
avec sa garnison. Embarqué le 12 septembre 1813 à bord de La Révolutionnaire, frégate française
de la classe Seine de 44 canons, saisie par les Anglais en octobre 1794, il rejoint Plymouth en Angleterre
puis Abergavenny, petite ville située au sud-est du Pays de Galles, à 32 Km de la frontière anglaise,
dans le comté de Monmouthshire.
Dans ses lettres, il mentionne sa fille Florentine (lettre n° 7 et n° 9), et en particulier, Prévost
son domestique, Doret, capitaine, son aide de camp. Les premières lettre sont courtes car le général
Rey est fort occupé par la défense de San Sebastian. Une fois prisonnier des Anglais, ses lettres s'allongent...
Louis Emmanuel Rey ne semble pas avoir eu connaissance de sa nomination au grade de général de
division, le 6 novembre 1813.
■ Lettre n° 1
San Sebastian, le 25 juillet 1813
Ma chère Florentine,
J'ai reçu des nouvelles de M. le duc de Dalmatie (Soult) qui manœuvre depuis le 21 pour tâcher de
débloquer Pampelune et San Sebastian.
Ce matin à 4 heures, les Anglais nous ont attaqués à deux brèches, ils ont fait sauter une mine dans les
chemins couverts dans lesquels ils s'étaient répandus. Ils ont été chassés, ils ont été regroupés aux brèches.
Tout ce qui a voulu y monter a été tué ou blessé. J'estime que les
Anglais ont perdu 450 à 500 hommes. Nous n'avons pas eu quatre hommes hors de combat.
Ce fait marquant est très honorable pour la garnison de San Sebastian. Je me porte bien.
Je t'aime de toute mon âme, tous mes vœux sont pour toi, ma fille et ma bonne mère.
Tu te doutes bien combien j'ai des occupations. Adieu. Je te porte sur un cœur à toi pour la vie.
Ton Emmanuel
Le général Rey
■ Lettre n°2
San Sebastian, 27 juillet 1813
L'ennemi, ma chère Florentine, a fait la nuit dernière une espèce de manœuvre de retraite.
Il a évacué 24 pièces de 24 et 27, avec lesquelles ils nous avaient battus en brèche. J'ai voulu
savoir si les manœuvres de monsieur le maréchal Soult avaient contribué à ce mouvement.
Je l'ai fait attaquer dans ses tranchées à 6 heures du matin. Je lui ai fait environ 180 prisonniers,
dont trois officiers, tous Anglais ou Portugais. Je compte qu'il a eu de noyés, tués ou blessés,
plus de 200 hommes. Cette affaire après l'évênement du 25 fait le plus grand honneur à la garnison.
La perte de l'ennemi est beaucoup plus considérable que je ne l'avais pensé, d'après les
renseignements corrects que j'ai pu avoir hier d'un officier parlementaire, qui m'ont été confirmés
par les prisonniers faits. Aujourd'hui la perte des Anglais a été d'un colonel, un major,
12 officiers et environ 600 Anglais plus 200 Portugais. Monsieur le maréchal Soult a marché
sur Pampelune le 25. Je compte qu'avant 8 ou 10 jours, il aura dégagé ; notre garnison aura fait
son devoir. On parle de paix générale. Mon Bazoches, ma femme et ma fille seront une plus
douce récompense. Malgré beaucoup d'occupation, je ne me suis jamais mieux porté.
Aie bien soin de ta santé. Messieurs Doret (aide de camp) et Prévost (domestique)
t'offrent leur respect. Embrasse ma fille et un baiser encore pour toi. Je te presse
sur mon cœur et t'aime plus que ma vie. Adieu, ma Florentine pour la vie.
Ton Emmanuel
■ Lettre n°3
San Sebastian, le 7 août 1813
Malgré le clair de lune, je vais essayer de faire passer une chaloupe pour passer une dépêche
à M. le maréchal et ses ministres. Je n'ai pas de nouvelles du 5e depuis le 23. Il devait être
le 30 ou 31 dans les environs de Pampelune. Tout fait croire que par ses manœuvres,
il ne tardera pas à forcer l'ennemi à quitter ses positions. J'espère, ma Florentine, que les eaux
te font du bien, et que tu as soin de ta santé. Tu sais que c'est tout ce que tu peux faire de plus
agréable pour ton Emmanuel. J'attends avec impatience un bateau de France pour me dire où
en sont nos espérances pour la paix. Nous approchons du terme de l'armistice, tout me fait
croire que si notre auguste Empereur le peut, il aura les préliminaires signés pour le jour de
sa fête. Comme tu le penses bien, je suis très occupé, ma santé est parfaite. J'espère que
cela continuera jusqu'à la fin. Je te le répète ; si les eaux te font du bien, prolonge-les le
plus que tu pourras. C'est une intention formelle. Embrasse ma fille quand tu liras ma lettre.
Embrasse la pour moi. J'attends avec impatience de tes nouvelles pour savoir les effets
que te font les eaux. Sois tranquille mon amie sur moi. J'aurai grand soin de ma santé et sois
bien sûre que ton Emmanuel t'aime plus que sa vie. Je te presse sur un cœur tout à toi
et t'embrasse un million de fois.
Ton Emmanuel
■ Lettre n°4
San Sebastian, le 13 août 1813
Ma chère Florentine, je ne comptais pas faire partir de chaloupe, mais le temps étant calme ce
soir, le commandant du port me mande qu'elle pourra partir avec quelque sûreté. Je me hâte, vu
la lune, de faire mes dépêches. Je te renouvelle les assurances de mon amour. Après demain,
nous célébrerons la fête de notre auguste souverain. Embrasse ma fille et aie soin de ta santé.
La mienne est parfaite. Je te presse sur un cœur à toi seule.
Ton Emmanuel


Vue actuelle de San Sebastian, avec au premier plan l'île Sainte-Claire, devant le mont Orgullo, ayant une croix en son sommet.
■ Lettre n°5
San Sebastian, le 15 août 1813
Il est arrivé ce matin, ma chère Florentine, une chaloupe qui m'a apporté des lettres de toi. Ta
dernière lettre était du 29. Monsieur Thomalier me mande que tu lui as écrit pour avoir de mes
nouvelles, n'en ayant plus de moi depuis le 8. Cela m'étonne d'autant plus que toutes les barques
que j'ai envoyées ont porté des lettres pour toi. J'en ai reçu ou envoyé de Bayonne ainsi que tu
me l'as mandé. Je continuerai à te les envoyer et Monsieur Thomalier a la complaisance de
proposer de te faire parvenir mes lettres par l'estafette par la voie de madame Thomalier. Je vais
en profiter mais comme j'ai oublié l'adresse de ton hôte, je prie monsieur Thomalier de dire qu'on
les remettra au portier de Tivoli. J'espère que par cette mesure, tu auras plus promptement de
mes nouvelles. Ma santé est parfaite. J'ai la satisfaction de voir que celle des troupes de la
garnison est très bonne. Nous avons célébré la fête de notre auguste Empereur. J'ai fait illuminer
le donjon du fort. Nous avons entendu les salves de Bayonne et d'Irun et je crois encore de
Santoña. Ils auront entendu les nôtres car 60 pièces de canon ont tiré à la fois sur les hauteurs.
Elles ont fait trois salves consécutives, le matin, à midi et le soir. Nous attendons avec impatience
d'apprendre quel aura été le résultat des conférences du congrès de Prague et si tout ce qu'a fait
notre auguste Empereur pour procurer la paix à l'Europe a été couronné d'un plein succès.
Soigne bien ta santé, ma Florentine. J'espère que les douches te feront grand bien, prolonge ton
séjour tout le temps nécessaire et surtout point de mauvaise spéculation ou économie. L'argent
doit être employé quand on est malade. Embrasse ma fille. Sois tranquille, je te le répète, je ne
me suis jamais aussi bien porté. Je t'embrasse un million de fois et te presse sur un cœur à toi
seule pour la vie. Embrasse ma mère quand tu lui écriras. Messieurs Doret et Prévost t'offrent
leurs respects.
■ Lettre n°6
San Sebastian, le 27 août 1813, 11 heures du soir
Ma chère Florentine, je fais partir une petite chaloupe pour porter des dépêches à monsieur le
maréchal. J'espère qu'elle passera malgré une assez forte croisière. Je désire bien qu'elle rentre
promptement pour me rapporter de tes nouvelles, enfin il va être décidé maintenant si nous avons
la paix ou non. La célébration qu'on a faite de la fête de l'Empereur le 16 août prouverait assez
qu'on était certain de ce qui arriverait, puisse cependant la paix nous être donnée. Tu sais, ma chère
Florentine, que le vœu le plus cher de mon cœur est de nous réunir et être tranquillement.
Je me porte heureusement bien, embrasse ma fille, pour toi je te presse sur un cœur à toi seule
pour la vie. Je t'embrasse un million de fois.
Ton Emmanuel
Embrasse mon neveu Nero
■ Lettre n°7
Du 30 août 1813
Ma chère Florentine, j'ai reçu des nouvelles de monsieur le maréchal en date du 27. Je fais
partir monsieur Doret avec mes dépêches et un rapport que je suis bien aise qu'il recevra en
mains propres. Monsieur le maréchal a beaucoup de bontés pour moi. J'ai reçu par une barque
cette nuit, tes lettres jusqu'au 16. Je vois que ta santé est toujours mauvaise. Tu me parles de
vendre Bazoches. Je ne pense pas que cela soit nécessaire. Je veux le voir et le voir avec la
maitresse de maison. Je suis fort aise que Florentine ma fille, me ressemble. À toi elle t'a rendu
toutes les forces de son âme. Embrasse la pour son petit père. Je suis bien aise d'apprendre
que tu en es contente. On ne dit rien de la paix. Cela ressemble bien à la guerre. La paix pour tous,
serait préférable, mais il faut la guerre puisqu'on la veut. On n'a pas dit à madame Laurent ce
qu'on lui a dit, car tu sais que je suis moi à San Sebastian. Ceux qui ne m'ont pas cerné ont eu tort et
je m'en moque et tu en fais autant, adieu ma Florentine. Je t'aime et je t'embrasse de tout mon
cœur et te presse sur un cœur tout à toi pour la vie. N'as jamais pu douter qu'il ne te préfèrât
à tout ce qui existe. Tu as bien tort et pour te punir, je t'envoie un million de baisers.
Ton Emmanuel

Prise de San Sebastian par les Anglais, Espagnols et Portugais, le 8 septembre 1813, à marée basse,
par les troupes du général Thomas Graham, sous les ordres de Wellington
■ Lettre n° 8
À bord de La Révolutionnaire, le 12 septembre 1813
Ma chère Florentine, un petit bâtiment arrive et part à l'instant. J'en profite pour te renouveler
les assurances de tout mon amour. Ma santé est parfaite. Je suis traité avec la plus grande distinction.
Ma chambre de capitaine est celle d'une petite maîtresse. Il est à croire que nous partirons dans
quelques heures pour Plymouth. Les Anglais portent aux nues nos défenses. Sois tranquille, l'Empereur
nous échangera. Nous avons rempli toutes les conditions de son décret. Embrasse tendrement ma fille
et ma mère. Soigne je t'en supplie ta santé. J'ai mille écus avec moi et n'ai pas besoin d'argent avant
que je t'en demande, adieu ma Florentine, un peu de patience, nous nous reverrons pour ne plus nous
quitter. Je t'embrasse un million de fois et te presse sur un cœur à toi seul, ton mari. Prévost t'offre
ses respects.

■ Lettre n° 9
Abergavenny, province de Mouth (sic), le 23 septembre au soir
Ma chère Florentine, je suis arrivé aujourd'hui au lieu de ma résidence où j'ai trouvé environ 300 officiers
prisonniers de guerre, dont beaucoup d'officiers supérieurs, parmi lesquels se trouve monsieur Degrasse,
ancien aide de camp de monsieur le maréchal Augereau, qui a été pris à Badajoz. Le pays, quoique au milieu
des montagnes et très frais, est bien cultivé et très boisé. Une rivière passe en bas de la ville. J'ai trouvé un
logement assez commode où j'ai une petite salle à manger, un petit salon, une salle à coucher, une très petite
cuisine et une chambre pour Prévost qui me coûte quatre livres sterling par mois. C'est fort cher, mais partout
ailleurs je ne pouvais trouver qu'une seule chambre. Le pays que j'ai parcouru est bien cultivé, beaucoup de
bois et de pâturages. J'ai vu Plymouth où j'ai débarqué, Exeter port de mer, Bristol, port de mer, l'une et l'autre
villes belles et très populeuses, Bath, charmante ville où il existe les plus beaux édifices, c'est dans cette cité
où l'on prend des eaux et où la meilleure santé se renait, particulièrement en hiver. J'y ai reçu la visite de
monsieur l'amiral Linois qui attendait sa fille de France et qui je crois n'a pas pu obtenir des passeports, «...»
ses fils que j'avais vu dans les marins de la Garde, et qui était avec lui à St «...» dernièrement.
Il y en a un autre dans le 2e voltigeurs de la Garde. Partout, nous avons excité beaucoup de curiosité de
Bath in Somerset à Gloucester, Monmouth et Abergavenny. Les journaux anglais venaient de parler de
l'opiniâtre résistance de la garnison de San Sebastian où l'ennemi avoue avoir fait de grandes pertes.
Si notre défense est également appréciée en France, ce sera une première récompense bien méritée.
Je t'écris pour une occasion qu'on me présente et on m'assure que ma lettre te parviendra. Je le désire bien
ardemment pour qu'elle puisse te tranquilliser par le courrier du 30 qu'on dit être le seul qui parte
sûrement pour Londres. Je t'écrirai. Je le ferai également à M. Le Comte de Lacépède, à M. le ministre de la
Guerre et au duc de Dalmatie. Je demanderai au 1er de te faire payer ma Légion d'honneur, au 2ème de te
faire payer mes appointements dus depuis le 1er janvier jusqu'au 10 septembre, ainsi que les frais extraordinaires
de mars et avril 1813 en ma qualité de gouverneur du 5° généralat en Espagne, à raison de 4 000 livres par mois,
du mois de mai et juin à raison de 2 000 livres. Dans la même qualité enfin, juillet, août et 10 jours de septembre
comme gouverneur de Saint-Sébastien à raison de 2 000 livres. J'espère les bontés du duc de Feltre, que dans la
position fâcheuse dans laquelle je me trouve, il te fera acquitter les sommes. Ce que j'ai fait à San Sebastian
m'assure des droits à sa fortune et à sa bienveillance. L'amiral Linois reçoit par les mains de madame son épouse un
traitement de 4 000 livres. Je demande à Son Excellence qu'il me fasse accorder la faveur de te faire payer mes
appointements, afin que tu puisses exister honorablement et me faire passer les secours dont j'ai besoin.
J'écrirai aussi au ministre pour réclamer notre prompt échange en faveur du décret de Sa Majesté de la fin de
1811 qui dit que toute garnison qui s'est défendue honorablement doit être échangée par les soins du ministre
de la Guerre. Et jamais garnison en ce monde n'avait plus particulièrement rempli les conditions que celle
de San Sebastian. Je ne fais en cela que lire les journaux anglais qui ne peuvent à cet égard ne dire que
la vérité de ce qui s'est passé. Ma santé, ma Florentine, est excellente. Je dirai tranquille et sans danger.
Jusqu'à mon retour que je désire bien vivement, sois donc mon amie, assez raisonnable pour bien soigner ta
santé afin de pouvoir par tes démarches, hâter ce moment. Nous sommes auprès des plus belles mines
de charbon de l'Angleterre. S'il fait froid, on se chauffe bien et c'est ce que je commence à faire.
Si d'après ce que j'ai eu l'honneur de mander à monsieur le duc de Dalmatie, il a eu la bonté d'écrire à
l'Empereur pour notre échange et au minsitre pour te faire payer ce qui m'est dû, il mettra le comble à ses bontés
pour moi en obtenant qu'on hâtât mon échange. Je pense jouir par ton intermédiaire de mes appointements,
écris-lui sur ces trois objets. Tu auras dû recevoir, ma Florentine, un paquet que j'avais remis à monsieur Robert
avant mon départ, dans l'intérieur duquel il se trouve beaucoup de papiers intéressants mes revues, enfin beaucoup
de détails que les circonstances me destinaient et qui heureusement n'ont eu pour moi aucun résultat fâcheux.
Monsieur le maréchal, après m'avoir accordé tout ce que je lui ai demandé pour l'avancement de mes troupes, a tout
tenté pour nous sauver. Tout prisonniers que nous sommes, mes braves camarades sont glorieux d'avoir,
jusqu'à la dernière extrémité, donné à l'Empereur une preuve de leur dévouement. Ils attendront avec patience
que ses grandes occupations lui permettent de s'occuper de nous. J'ai lu le journal français qui s'imprime à
Londres, je vais m'y abonner. Il est agréable d'avoir quelques notions de ce qui se passe. J'ai vu avec grand
plaisir que ton frère qui commande la Vieille Garde n'a pas été chassé. J'espère que les blessures de Dumoustier
ne seront pas dangereuses (blessé à Dresde le 26 août 1813). Je n'écris pas à ma fille, je t'écris pendant la nuit
pour chercher à profiter de l'offre que l'on m'a faite. Je désire bien que ma lettre te parvienne promptement.
Embrasse tendrement ma Florentine pour son bon petit père. Que par ses soins, sa tendresse, elle adoucisse
les ennuis que te cause mon absence. Écris à ma bonne mère et dis-lui que je me porte bien.
Si tu es payée d'une partie de ce qui m'est dû, il faut absolument acquitter la créance de monsieur Loiret.
Si plus tard nous avons besoin d'argent, tu emprunteras. Je n'ai pas besoin d'argent pour le moment,
mais je désirerais d'avoir un crédit ouvert de 5 à 6 000 livres chez le correspondant de M. Serrégur ou
autres chargés de la correspondance des prisonniers afin qu'il puisse me donner l'argent que je croirai en
avoir besoin jusqu'à la conclusion de cette guerre. Tout est très cher, une paire de bottes neuf louis
de France. Tu te douteras si je pourrais avec la meilleure volonté donner ce bien. C'est presque
(le salaire) de mon valet de chambre. J'établis mon cuisinier. On ne fait pas mieux une excellente soupe
et un bon bifteck que lui. C'est un brave garçon. J'espère que Louis sera arrivé avec mes chevaux et mes
équipages. Fais vendre mes chevaux de main, conserve mon fourgon et mes mules. Louis est un bon
domestique que tu pourrais garder, et que je serais fort aise de trouver à mon retour. Fais à cela ce qui
te conviendra le mieux. Si tu vois madame Laurent, offre-lui mes respects et quand elle écrira à son mari,
qu'elle me rappelle à son souvenir. Mes amitiés à Robert et à son épouse, je voudrais bien qu'elle m'eût
appris l'anglais. Ce que je désire cependant plus promptement encore, c'est de n'être pas à même de l'apprendre
pour mon prompt retour et en te prennant, ma chère Florentine, sur un cœur qui t'aime plus que la vie.
Je t'embrasse un million de fois.
Ton Emmanuel
PS : Quand tu m'écriras, qu'il ne soit question que de nos affaires particulières et personnelles, c'est le seul
moyen de faire parvenir sûrement ta lettre. Adien ma Florentine, pour le moment tu ne peux rien faire
qui me soit plus agréable que soigner ta santé, elle est tout pour moi. Je t'embrasse de tout mon amour.

Vice-amiral Charles Alexandre Léon Durand de Linois, prisonnier des Anglais, probablement vu par le général Rey.
Son nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe, pilier Ouest, colonne 33.
■ lettre n°10
Abergavenny, le 18 décembre 1813
Je t'ai raconté, ma chère Florentine, que j'avais reçu ta lettre du 5 décembre. Tu juges de tout le plaisir
qu'elle m'a fait éprouver. Hier, j'en ai reçu une du 9 octobre datée de Bazoches. Aujourd'hui, je reçois
une lettre de Son Excellence le ministre de la Guerre dans laquelle il s'en trouve une de ma fille, sous
la date du 14 novembre. Je te transcris littéralement, ma chère amis, celle du duc de Feltre, elle ne peut
qu'augmenter notre attachement et notre dévouement pour notre auguste maître et je regarde ce
témoignage de satisfaction comme la plus douce récompense de tout ce que j'ai pu faire.
« 20 novembre, Général, l'Empereur à qui j'ai fait connaître les circonstances du siège de Saint Sébastien
a jugé que vous aviez fait une défense qui honore votre courage et vos talents et qui atteste la valeur de
la garnison que vous commandiez. Sa Majesté m'a chargé de vous témoigner sa satisfaction. Je me
félicite d'avoir à vous annoncer qu'elle a apprécié le dévouement que vous aviez montré pour son
service. Recevez etc...»
Tu partages, ma Florentine, toute ma satisfaction et ma reconnaissance en lisant cette lettre. Celle de
ma fille m'a fait grand plaisir. Elle me demande des ouvrages de Walter Scott. Je vais prier un homme
estimable de ce pays d'écrire à Londres pour tâcher de les avoir et recommander, ainsi que le désire
ma fille, que l'écriture soit la plus belle. J'ai voulu, mon amie, chercher à qui peut s'appliquer l'argent
des testaments dont tu parles dans ta lettre du 5. Mais je n'ai trop su à quoi l'attribuer. Tout ce que
j'ai vu avec un plaisir bien vrai, c'est que cela t'a donné un instant de gaieté. Puisse ta santé, ainsi
que j'en forme chaque jour le vœu, se rétablir entièrement. Si, comme je l'espère, je suis assez heureux
que tu passes l'hiver sans avoir de ces maudits rhumes, nous le devrons aux eaux de Tivoli, que tu
prendras le plus souvent que tu pourras. Je ne sais, ma bonne Florentine, ce que peuvent devenir mes
lettres puisque, jusqu'au 5 décembre, tu n'as encore reçu que mes lettres du 27 septembre. J'espère
qu'elles te parviendront successivement. Elles ne renferment jamais que des notions sur nos affaires
particulières et l'expression de tout mon amour pour toi, choses bien indifférentes pour tout autre
que nous et que l'on peut laisser circuler sans la moindre conséquence.
Les nominations que tu m'as annoncées m'ont fait plaisir. En écrivant à ton frère, embrasse-le
tendrement pour moi et dis-lui que le compliment que je lui fais est bien dicté par mon cœur, que
quand nous aurons le plaisir de nous embrasser, nous aurons bien des choses à nous dire. Puisse ce
moment si désiré par ton Emmanuel être bien prochain. Mille choses aimables à ta sœur Clémentine.
J'embrasse Napoléon, qui aura bien été content d'aller embrasser son papa. Il y a longtemps, mon
amie, que j'ai pensé que vous aviez eu le malheur de perdre ton frère, le cadet car il ne serait pas
{la seconde page de la lettre manque, nous retranscrivons ci-dessous les recommandations portées en marge}
Je t'ai mandé que Prévost te priait de lui conserver son argent. Il t'offre ses respects. N'oublie pas
de me dire ce qu'est devenu le second de ses chevaux de main.
Nous continuons à avoir un temps très humide sans être froid. Aussi y a-t-il beaucoup de rhumes
qui sont une maladie réelle dans le pays. Je prends toutes les précautions pour les éviter et suis,
en cela, les bons airs. Fais-en autant à ton égard. Tout à toi pour la vie.
■ Les lettres du général Rey, d'Abergavenny en 1813
Le général Rey a conservé les brouillons de trois lettre qu'il a envoyé au vicaire d'Abergavenny,
le 2 octobre 1813, probablement aux officiers de marine anglais qui l'avaient transporté de
Saint Sébastien à Plymouth, et enfin au rédacteur en chef du Mornig Chronique (Chronicle)
le 15 novembre 1813. Ces trois lettres ont été envoyées pour démontrer la fausseté d'articles
de presse anglais ayant affirmé que le général Rey était reponsable du pillage et de l'incendie
de Saint Sébastien à la fin du siège. Assez curieusement, le général Rey semble louer dans
la lettre n° 9 du 23 septembre 1813 à sa femme, les journaux anglais qui ont parlé de son
opiniâtre résistance. Mais il est possible qu'après la critique de l'incendie de Saint Sébastien,
certains Anglais aient ensuite accuser le général Rey ou que les journaux anglais n'aient
pas tous dit la même chose !
■ Lettre n°1
Abergavenny, le 2 octobre 1813
Monsieur le Vicaire d'Abergavenny,
J'ai occasion d'apprendre par diverses sources qu'un article d'un de vos journaux avait fait le plus
mauvais effet sur mon compte, particulièrement sur les gens du peuple. Croyant à la véracité de tout
ce que disent les journalistes, cet article doit dire que pendant que j'ai occupé le fort de Saint Sebastien,
j'ai fait placer les prisonniers anglais près de nos citernes pour les faire périr. Je ne doute plus maintenant
que je doive à cette inique calomnie les dangers que j'ai courrus ainsi que mes affaires à Exeter où j'ai
été assailli par un attroupement de plus 2 000 âmes qui m'ont jeté des pierres et couvert de sottises. Il
était nuit. Ils attachèrent les roues de ma voiture afin de la faire briser. etc.
Je vous avouerai, Monsieur le Vicaire, que j'étais loin de m'attendre à une pareille réputation et au
traitement que j'ai reçu à mon arrivée en Angleterre, traitement que j'ai constamment éprouvé
auprès des Anglais et la conduite pleine de générosité que j'ai tenue après. L'assaut du vingt-cinq
envers les troupes anglaises qui a sauvé un très grand nombre d'officiers et environ 4 à 5 000 soldats
(seulement anglais) blessés. Voici les faits.
Mes troupes ayant repoussé l'assaut, la brèche, et tout le chemin que les colonnes anglaises avaient
parcouru sur le front du bastion Saint-Jean, et le long de la fausse braye (1),étaient couvert de morts
et de blessés. La marée montait et si de prompts secours n'étaient donnés à ces derniers, ils étaient
tous noyés ; puisque l'ennemi ne pouvait les enlever. Ces points étaient totalement sous le feu de la
mitraille de mes batteries. Vu seulement d'humanité, on ne fit pas balancer à autoriser l'enterrement
de ces malheureux, en chargeant le capitaine des grenadiers du 22e de ligne de laisser ses grenadiers
et ceux du 62e défendre la brèche. Ces braves grenadiers rapportèrent aussitôt sur leurs épaules
et sous mes yeux, trois officiers et environ 140 grenadiers anglais blessés, après avoir partagé avec
eux le vin et l'eau de vie qu'ils avaient dans leurs bidons. Ces blessés ont été traités dans mes hôpitaux
avec le plus grand soin. Messieurs les officiers et la plus grande partie des grenadiers, ont été guéris
malgré leurs blessures graves. Messieurs les généraux anglais d'après mon autorisation faisaient
en même temps enlever sous le bastion Saint-Jean et le long de la fausse braye (1), tous les officiers
et soldats blessés. Un officier parlementaire est venu le lendemain me remercier de la part de
Messieurs les généraux anglais de cet acte de générosité et de du bon traitement qu'ils avaient eu
fait à leurs blessés. ces Messieurs pourront attester ces faits.
J'ai conduit avec moi dans le fort les prisonniers anglais mais ils ont été placés près de mon hôpital
sur le bord de la mer, à une très grande distance de mes citernes, hors de toute ligne d'opération
et de tout magasin. Les Anglais, maîtres du fort, ont pu s'assurer de cette vérité. Je les y ai placés,
comme l'endroit le plus sûr pour eux, puisque je devais croire que l'hôpital où flottait un drapeau noir
serait respecté, et si des prisonniers y ont été tués, les Anglais seuls doivent s'imputer leur mort.
Pour moi, je déplore encore amèrement celle de braves militaires blessés, tous dans l'hôpital même.
Vous voyez, Monsieur le Vicaire, combien cette conduite est éloignée de celle que me prête votre
journaliste. Je désirerais fort que les ministres de Sa Majesté Britannique soient instruits de ces
faits et qu'ils m'accordent des passeports pour me rendre en France sur une parole d'honneur de ne
pas servir contre l'armée anglaise ou ses alliés jusqu'à mon parfait échange, et dans le cas d'un refus,
d'être au moins traité à (égalité à) celui généreux, comme Messieurs les officiers généraux anglais
prisonniers, le sont en France : souvent, ne point être sujet à la cloche qui fait rentrer les prisonniers
dans leur logement et être autorisé de parcourir le comté avec un ou deux officiers dont je dépendrai.
J'ai cru devoir, Monsieur le Vicaire, vous écrire car je ne doute pas que bien des gens autres que la
population ont pu croire à l'article calomnieux du journaliste, avec la considération la plus distinguée.
Le général Emmanuel Rey
(1) Espèce de bastion ou de porte de fortification. Ce terme était encore utilisé dans les années 1860.
■ lettre n° 2
Abergavenny, 15 novembre 1813
À Messieurs les très honorables membres du transport à bord
Messieurs,
J'ai inspiré toutes les calomnies passées dans les familles anglaises dirigées contre ma personne
seule. Mais aujourd'hui des lettres qui se trouvaient dans le journal du Statesman du 10 et le
courrier du 12 novembre attaquant mon honneur et celui de la garnison sous mes ordres
il est de mon devoir de réfuter d'aussi classiques calomnies ; j'ai, en conséquence,
l'honneur de vous adresser, messieurs, la réponse que je fais aux motifs avancés dans ces
lettres contre la garnison de Saint Sebastien. J'y énonce des faits précis et m'en réfère pour leur
sériosité des généraux et troupes alliés à la sagacité de l'armée qui était devant moi à
San Sebastian. Je compte donc, Messieurs, que, par vos soins, une lettre parviendra de suite
au journaliste au Morning Chronique. Cet acte de justice sera l'étape la mieux méritée des
lois libérales de votre gouvernement et je vous en porterai, Messieurs, la reconnaissance
la plus vraie. Plusieurs habitants respectables de cette ville m'ayant accueilli avec les égards
dû à un homme d'honneur, j'ai craint que de pareilles diatribes ne diminuent l'estime
qu'ils me portent et pour y remédier, je leur communiquerai la lettre à l'éditeur du journal
du Morning Chronique et celle que j'ai l'honneur de vous adresser. Vous m'obligeriez,
Messieurs, d'avoir la complaisance de m'assurer de la réception de cette lettre et d'agréer
les assurances de la considération la plus distinguée avec lesquelles j'ai l'honneur d'être,
Messieurs,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
Le général Emmanuel Rey
■ Lettre n° 3
Abergavenny, 15 novembre 1813
À Monsieur le Rédacteur du Journal Anglais
Morning Chronique
Monsieur le Rédacteur,
Tant que les journaux anglais n'ont inséré dans leur feuille, pendant que j'étais renfermé dans
la place de San Sebastian, que de vilaines calomnies dirigées contre moi seul, j'ai dû les mépriser
et je l'ai fait.
Mais aujourd'hui on me communique une lettre insérée dans la feuille du Statesman du 10 novembre 1813
et extraite de la Gazette du Consizo du 4 octobre dernier signée par Mr Smith commandant des Ingénieurs
Royaux, par laquelle il assure qu'il est certain que les ennemis, avant de se retirer au château de Saint Sebastien,
ont mis le feu dans plusieurs endroits afin que la confusion qui devait s'en suivre, puisse favoriser ses desseins
de piller et saccager la ville, que cette circonstance et les bombes qui furent ensuite jetées du château, ne
pouvaient faire moins que de produire l'entière destruction de la place. On lit aussi dans un article du Courrier
du 12 novembre un extrait de diverses lettres où il est écrit que l'ennemi mit le feu à la ville, pour protéger
ses pillages, qu'il avait longtemps auparavant pillé les églises.
De pareilles assertions compromettent mon honneur, celui de la brave garnison que S. M. l'Empereur et Roi
avait daigné me confier pour la défense de la place de St Sebastien dont je lui dois des comptes. Il est de
mon devoir de réfuter d'aussi insignes calomnies et je vais y répondre.
Je déclare formellement que les faits avancés dans une lettre insérée dans le journal anglais, le Statesman
du 10 novembre 1813, signée Smith ainsi que ceux compris dans un article du Courrier du 12 novembre contre
les troupes de la garnison de Saint Sébastien que j'avais l'honneur de commander sont faux et controuvés (1) ;
que ni moi ni mes troupes n'ont contribué en rien à l'incendie et au pillage de Saint Sébastien, que les personnes
et les propriétés ont été respectés lors de la retraite sur le château ainsi que cela avait eu lieu pendant toute la
durée du siège ; que le 29 juin, ayant mis la place en état de siège, la municipalité et le clergé reçurent l'ordre
de s'entendre pour remettre à l'autorité militaire, les églises principales de Ste Marie et St Vincent pour en
former de grands établissements, que les vases sacrés ont été déposés par eux dans un lieu sur lequel je n'ai
pas même pris la moindre information, qu'une partie de ces vases sacrés avait servi à la continuation du sevice
divin, dans des locaux particuliers. La municipalité et le clergé pourront certifié ces faits et dire si ce sont mes
troupes qui ont volé les vases sacrés. Je déclare aussi que lors de la rentrée de ma garnison dans le château, tous
mes projectiles creux étaient consommés et qu'il ne restait dans le donjon qu'une petite quantité de boulets creux,
chargés pour être jetés à la main, en cas d'une attaque de vive force ; que de toute l'artillerie du fort, une seule
pièce de 16, une de 6 et une de 4, quoique endommagées, ont pu encore tirer quelques coups de canon, le reste
de l'artillerie ayant été détruite par le feu de l'ennemi et qu'en conséquence, il n'a pas été tiré du château aucun
projectile sur la ville qui ait pu contribuer à l'incendie.
Monsieur le Commandant Smith a-t-il pu espérer de faire croire que des troupes qui viennent de soutenir un
assaut consécutif et des plus opiniâtres pendant plus de trois heures, qui ont repoussé cinq fois l'ennemi sur
les brèches pouvaient s'occuper d'incendier pour faciliter leur pillage, puisque poursuivies par des forces
considérables, ces mêmes troupes pour éviter le danger, recevaient d'autres ressources, que de hâter leur retraite
pour arriver sur les avancées du château, afin d'être moins exposées. J'ajouterai que, d'après un de mes ordres
il était enjoint à tout habitant, en cas d'alerte, d'avoir ses portes fermées et barricadées, ce qui a toujours eu
lieu pendant les attentes.
La retraite s'est faite dans le meilleur ordre, quelques détachements seulement ont traversé la ville avec moi
en tentant de s'assurer si les ordres que j'avais donnés étaient exécutés. Je me suis ensuite dirigé avec eux
sur l'église Ste Marie où je me suis maintenu dans les traverses de cette église, de l'arsenal et du port, tout le
temps, que j'ai cru nécessaire pour m'assurer la rentrée de toutes mes troupes. Je suis resté avec les dernières.
Je puis donc certifier hautement qu'elle n'ont commis aucun désordre et qu'aucune maison n'était en feu à cette
époque ; le feu ne s'étant manifesté dans la ville que de dix à onze heures du soir.
Il sera difficile de faire croire que le même officier général qui, le 25 juillet après l'assaut, eût la générosité de
faire enlever du pied des brèches sur le dos de ses grenadiers pour être transportés et soignés dans ses hôpitaux
cent quarante trois officiers, sous-officiers et grenadiers anglais grièvement blessés et autoriser en même temps le
général ennemi de faire enlever 3 à 400 blessés anglais de tout grade gisant sur les fossés du bastion St Jean
et le long de la fausse braye qui auraient tous été engloutis par la marée montante si de prompts secours ne leur
avaient été portés ; aurait pu de sang froid et sans motif faire brûler et piller les maisons de malheureux habitants
dont il avait fait religieusement respecter les personnes et les propriétés pendant toute la durée du siège,
malgré qu'il eût l'intime conviction que tous leurs vœux se réunissaient à voir l'ennemi dans leur sein.
Une pareille conduite si ce général l'eût tenu en aurait mérité le blâme de son Prince qui l'aurait rendu responsable
puisque S. M. l'Empereur et Roi avait daigné approuvé la conduite qu'il avait tenue le 25 juillet, à l'égard des blessés
anglais. Pour la véracité des faits que j'avance, j'en appelle à la loyauté de Messieurs les généraux et troupes alliées
qui se trouvaient devant moi à St Sebastien ; aux témoignages authentiques qui pourront être rendus par toutes
les autorités qui existaient le 31 août, jour de l'assaut et la population entière de la ville de St Sébastien.
Prisonniers de guerre, nous n'avons succombé qu'après les plus nobles efforts et dans cette position même
notre conduite a commandé l'estime. Il nous reste l'honneur. Personne n'a le droit de chercher à y porter
atteinte par des calomnies sans crainte d'être puni de la peine infligée aux calomniateurs, plus particulièrement
encore dans un gouvernement qui se pique de générosité et qui se dit libre. Je réclame donc justice.
Ma lettre, Monsieur le Rédacteur, doit vous être remise par le transport de bord. Je vous prie de l'insérer
en entier, dans un de vos prochains numéros. Votre impartialité me fait espérer que mes désirs à cet égard
seront remplis. Je vous observe que ma lettre est sans rature.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Rédacteur, avec une parfaite considération,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
Le général Emmanuel Rey
(1) Controuver (de l'italien controvare forger) : inventer une fausseté. Se dit ordinnairement des
faussetés par lesquelles on cherche à nuire à quelqu'un. (dictionnaire B. DUPINEY DE VOREPIERRE, Paris, 1864)



N. GOTTERI : Le Maréchal Soult, Bernard Giovangeli Éditeur, 2000
A. PIGEARD : Dictionnaire des batailles de Napoléon, Paris, Tallandier, 200
M. ROUCAUD, N. TEXIER, F. HOUDECEK, É. N'GUYEN : Les grognards ont la parole - 400 lettres de soldats de Napoléon,
Éditions Pierre de Taillac avec la collaboration du Service Historique de la Défense du ministère des armées, 2024
G. SIX : Dictionnaire
biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de
l'Empire, Paris, Georges Saffroy, 1934
J. TULARD : Dictionnaire Napoléon, Paris, Fayard, 1999
Service Historique
de la Défense (Château de Vincennes) :
dossier REY (7Yd655) - Lettres de Rey, de San Sebastian et Abergavenny
(DE2022PA142-1)